Page 32 - Revue Monaco Droit N°2
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La Guardia di
Finanza italienne
Claudio PETROZZIELLO
Claudio PETROZZIELLO
Colonel de la Guardia di Finanza
Colonel de la Guardia di Finanza
La lutte contre le blanchiment d’argent en Italie a pris forme
dès 1978, avec l’introduction de l’article 648-bis du Code
pénal. Cette disposition a marqué une avancée majeure :
pour la première fois, le délit de blanchiment a été défi ni de
manière claire, anticipant des modèles juridiques aujourd’hui
largement répandus à l’échelle internationale. Depuis, le
système italien n’a cessé de se renforcer, devenant l’un des
plus complets et reconnus dans le monde.
Ce modèle repose sur une approche à plusieurs niveaux,
combinant la législation nationale, les directives européennes
et les standards internationaux. Son effi cacité tient à la
coopération étroite entre les institutions publiques et les
acteurs privés, permettant de détecter et de prévenir les
comportements illicites avec rapidité et précision.
Dans ce dispositif, la Guardia di Finanza joue un rôle
fondamental. Elle n’est pas seulement l’autorité chargée
des enquêtes en matière de blanchiment, mais aussi le
bras opérationnel qui assure la mise en œuvre concrète
des stratégies nationales et internationales. Grâce à son
expertise technique et à sa connaissance approfondie du tissu
économique et fi nancier, elle est capable d’analyser les fl ux
suspects, de recueillir des informations auprès des entités
déclarantes et de collaborer activement avec les autorités
judiciaires et étrangères. Son action ne se limite pas à la
répression : elle contribue également à diffuser une culture
de la légalité économique, par des activités de prévention et
de sensibilisation.
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Avec plus de deux siècles et demi d’histoire, la Guardia di
Finanza a été créée pour défendre les intérêts économiques de
l’État face à la contrebande et aux menaces transfrontalières.
Au fi l du temps, elle a su transformer sa mission en adoptant
pleinement le principe du “follow the money”, devenu l’un
des fondements de la lutte contre la criminalité économique.
Inspirée notamment par les enseignements du juge Giovanni
Falcone, cette approche est devenue une véritable philosophie
d’action : suivre les fl ux fi nanciers permet de mettre en
lumière les structures criminelles dans leur ensemble. Si
les éléments du délit représentent les points d’une fi gure
“relier les points”, ce sont les mouvements d’argent qui en
dessinent les contours, révélant ainsi l’image complète des
comportements et des responsabilités impliquées.
Le Ministerio Fiscal
espagnol
Maria DEL MAR SHARFHAUSEN PELAEZ
Maria DEL MAR SHARFHAUSEN PELAEZ
Procureur espagnol
Procureur espagnol
Il est largement reconnu que le phénomène du blanchiment
d’argent est mondial et se développe parallèlement à la
croissance de l’activité économique, profi tant des circuits
fi nanciers également mondialisés. La confi scation des biens
et ressources économiques issus d’activités illicites constitue
l’un des objectifs prioritaires des organisations policières
internationales ainsi que des autorités judiciaires et des parquets
dans le monde entier, en particulier dans les États démocratiques.
L’Union européenne, et au sein de celle-ci l’Espagne, représente
un maillon de la chaîne qui combat ce “cancer” universel
menaçant de saper toutes les structures étatiques. À ce jour, six
directives ont été adoptées pour lutter contre le blanchiment de
capitaux et le fi nancement du terrorisme.

